Simon-Pierre VRAIT
Sales Manager

La GMAO, outil efficace pour renforcer la sécurité au travail

Le personnel de maintenance a beaucoup de chance : il est souvent le seul à pouvoir accéder en tous lieux de l’entreprise. Il peut même être appelé à se rendre là où personne n’est sensé y mettre les pieds : sous une machine, dans une armoire électrique, dans un conduit d’aération, sur le toit et encore mille autres lieux pittoresques.

Le technicien de maintenance connait donc l’ensemble du process de son entreprise, de la courroie qu’il faut pour telle machine, jusqu’à l’emplacement du disjoncteur différentiel qui alimente la prise de la salle de réunion.

Comme chacun l’a compris, il semble difficile de tout retenir. Heureusement, il dispose de documentations techniques, plans de montage d’une machine, modes opératoires des interventions, schéma des réseaux, …

 

Il va donc disposer de cette documentation pour effectuer ses interventions.

Ses actions sont généralement déclinées en 2 grandes familles :

  • La maintenance préventive

Les interventions sont planifiées. On profite d’un arrêt machine, on prévoit l’outillage et les pièces nécessaires à son intervention, on consulte la documentation si on a le moindre doute, à défaut de pouvoir l’emmener avec soi. En résumé, on se prépare.

  • La maintenance corrective

Le contexte est ici différent. On doit intervenir sur une machine en panne, qui est généralement en production (un équipement tombe assez rarement en panne lorsqu’il n’est pas utilisé). On doit intervenir en urgence, sans s’y être préparé, dans un milieu hostile : une machine en fonctionnement qui présente donc des dangers, un personnel de la production en effervescence, une pression de la hiérarchie qui doit honorer ses commandes, … l’objectif peut être simplement de relancer la production, avec un fonctionnement en mode dégradé, en attendant le prochain arrêt machine. On a confiance, et on est certain que le technicien de maintenance va s’assurer de la sécurité de ses collègues de production en leur livrant une machine qui a redémarré dans de bonnes conditions de sécurité. Mais a-t-il pris toutes les précautions pour assurer la sienne ?

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : les études de l’AFIM (Association Françaises des Ingénieurs et Responsables de Maintenance), les métiers de la maintenance sont bien plus exposés aux dangers que les autres populations de l’entreprise : 3 fois plus d’accidents grave que la moyenne nationale, ou encore une mortalité 8 fois supérieure.

Une prise de conscience de cette situation est effective depuis de nombreuses années. Elle est sans doute insuffisante, et le sera tant que des accidents persisteront.

On compare souvent les techniciens de maintenance aux pompiers. Une des premières règles chez ces derniers est d’assurer en priorité sa propre sécurité avant de penser à celle des autres. Cela devrait également s’appliquer aux maintenanciers.

Il existe certes des moyens mis en œuvre pour limiter les risques : contrôles réglementaires, plans de prévention, ou encore la nouvelle norme FX 60400 sur la sécurité des équipements qui verra le jours dans les prochaines semaines… Même si ces actions ont pour volonté d’améliorer les conditions de sécurité, elles resteront toujours insuffisantes. Chaque entreprise a un contexte qui lui est propre, et il lui appartient de se poser les bonnes questions, et apporter les réponses pour assurer la sécurité de son personnel :

  • La personne qui va intervenir dispose-elle des formations et habilitations nécessaires ?
  • Peut-elle intervenir seule en toute sécurité ?
  • Est-il plus important de perdre une heure de production ou de risquer la vie d’un collaborateur ?
  • Avons-nous le meilleur plan de préventif pour limiter les opérations de dépannage qui mettent l’activité et les personnes en difficulté ?
  • Le partage du savoir est-il optimisé, au point que si une personne est manquante, l’intervention pourra se faire en toute sécurité ?
  • Le personnel sous-traitant répond-il aux mêmes règles que les techniciens internes ?

Il est important de pouvoir centraliser toutes ces données, afin de bien organiser son activité de maintenance dans des conditions optimales de sécurité des personnes.

C’est un aspect sur lequel que la mise en place d’une GMAO va pouvoir agir :

  • Centraliser toutes les informations liées à ses équipements, de sorte que chaque intervenant puisse y accéder facilement et rapidement (modes opératoires, consignes de sécurité, nomenclatures pièces …).
  • Disposer des données de ses intervenants internes ou externes (compétences, qualifications, …)
  • Mettre en place un véritable plan de maintenance préventive, permettant aux techniciens de travailler dans des conditions limitants les risques
  • Partager la connaissance : rapports d’interventions passées permettant de disposer des expériences de ses collègues

Il est à peu près évident qu’un technicien, avant de faire une intervention, n’ira pas consulter des consignes de sécurité dans un classeur (a-t-il d’ailleurs été remis à sa place ?). Par contre, s’il dispose d’une GMAO mobile, ses consignes seront présentes en permanence avec lui sur sa tablette ou son smartphone.

Il consultera l’état du stock avant de monter sur l’escabeau pour aller chercher une pièce.

Il saura que depuis sa dernière intervention, il y a eu des modifications dans l’alimentation électrique de la machine.

Des exemples comme ceux-ci sont nombreux. Il suffit de regarder chaque fonctionnalité d’une GMAO pour s’apercevoir qu’elle permet de limiter les risques dans l’activité du personnel de maintenance.

La mise en place d’une GMAO est toujours accompagnée d’une formation. Celle-ci doit impérativement intégrer cette réflexion autour de la sécurité des personnes, et favoriser la prise de conscience de chacun sur ce sujet : chaque action que je vais mener est-elle faite dans les meilleures conditions de sécurité pour moi et pour les collaborateurs ?

Rien ne remplacera jamais la réflexion humaine, la concertation entre professionnels, pour s’assurer que tout a bien été mis en œuvre pour limiter au maximum les risques professionnels. La GMAO reste un outil de centralisation et de partage de l’information, mais un outil essentiel pour être en mesure de prendre à temps la bonne décision.

 

Approfondissez ce sujet lors du FORUM DIMO 2018  le 15 mars à Nantes et le 20 mars à Lyon en participant à l’atelier animé par  l’AFIM :

Sécurité des interventions de maintenance : nouvelle norme NF-X-60-400 et démarche AFIM-INRS « SecurAfim(R) »

Bloquez les dates dans votre agenda et inscrivez-vous sur le site dédié à la journée : www.forumdimo2018.com

Classé dans : Blog GMAO, Bonnes Pratiques, Tendances

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  1. article vraiment super. il faut aussi un recyclage permanent des acteurs de la maintenance sur la GMAo afin de leurs faire des rappelles sur le bien que la GMAO apporte en matière de SST.

  2. Article très intéressant. Les dirigeants d’entreprises, les services techniques et les services de production doivent se donner les moyens pour réussir pour les performances de leurs équipements, l’efficacité et la sécurité du personnel.
    C’est simplement « du bon sens » dans ce qui est écrit dans votre article:

    « La GMAO reste un outil de centralisation et de partage de l’information, mais un outil essentiel pour être en mesure de prendre à temps la bonne décision. »

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