GHT et établissements multisites : comment harmoniser la maintenance biomédicale ?

Plusieurs établissements, plusieurs équipes, parfois plusieurs outils et des pratiques de maintenance différentes. À l’échelle d’un GHT ou d’une organisation hospitalière multisite, le défi n’est pas seulement de centraliser : il faut construire des règles communes sans perdre la connaissance et les contraintes propres à chaque établissement.

Alors, par où commencer pour harmoniser la maintenance des équipements biomédicaux ?

Ce qu’il faut retenir

  • Pour harmoniser la maintenance biomédicale, définir un socle commun tout en conservant les adaptations nécessaires aux réalités de chaque établissement.
  • Un référentiel partagé constitue le point de départ d’une organisation multisite : nomenclatures, familles d’équipements, fabricants, modèles et statuts doivent être suffisamment cohérents pour consolider et exploiter les données à l’échelle du GHT.
  • Les pratiques et les indicateurs doivent être rapprochés progressivement : comparer les méthodes de maintenance et définir des KPI selon des règles communes.
  • Une GMAO multisite peut servir de socle commun, mais l’outil seul ne suffit pas : le partage des données doit s’accompagner d’un travail sur les nomenclatures, les procédures, la qualité des données et les responsabilités.

 

Pourquoi harmoniser la maintenance biomédicale entre plusieurs établissements ?

Les Groupements hospitaliers de territoire (GHT) reposent sur une logique de coopération entre établissements publics de santé. En France, 136 GHT sont constitués, avec des configurations très différentes : ils regroupent de 2 à 20 établissements selon les territoires. Cette organisation renforce notamment les enjeux de maintenance des équipements biomédicaux à l’échelle de plusieurs sites.

harmoniser la maintenance biomédicale entre plusieurs établissements

Cette logique de coopération concerne notamment certaines fonctions supports et activités médico-techniques. Une circulaire publiée en juillet 2026 invite d’ailleurs les GHT à renforcer les mutualisations et l’intégration entre établissements, tout en tenant compte de leur niveau de maturité et de leur organisation.

Pour les équipes biomédicales, cette organisation pose rapidement des questions très concrètes.

  • Deux établissements utilisent-ils la même nomenclature pour désigner un équipement ?
  • Appliquent-ils les mêmes procédures de maintenance préventive ?
  • Comment partager l’historique lorsqu’un matériel change de site ?
  • Les indicateurs sont-ils calculés de la même manière ?
  • Comment obtenir une vision du parc à l’échelle du territoire sans perdre le niveau de détail local ?
  • Etc.

1. Commencer par parler le même langage

Le premier chantier consiste à regarder comment les équipements sont décrits dans chaque établissement.

Un même type de dispositif médical peut être nommé, classé ou codifié différemment selon les sites. À petite échelle, ces différences semblent anodines. Elles deviennent beaucoup plus gênantes lorsqu’il faut consolider plusieurs milliers d’équipements.

Il devient alors difficile de répondre à des questions pourtant simples : combien avons-nous d’équipements de cette famille ? Sur quels sites ? De quelles marques ? Quels sont leurs statuts ? Quels contrats ou modalités de maintenance leur sont associés ?

La création d’un référentiel partagé permet de rapprocher les données : familles d’équipements, catégories, fabricants, modèles, statuts ou encore informations nécessaires au suivi de maintenance.

Commencer par parler le même langage

Cette problématique de standardisation des données ne concerne d’ailleurs pas uniquement le biomédical. Dans le domaine des achats hospitaliers, le ministère de la Santé souligne que l’harmonisation des nomenclatures permet de fiabiliser les données à l’échelle du GHT et de réaliser des analyses communes.

Pour le parc biomédical, le principe est similaire : avant de consolider, il faut s’assurer que les établissements parlent bien de la même chose.

2. Construire un socle commun de maintenance sans tout uniformiser

Une fois le parc mieux structuré, vient une question plus délicate : faut-il appliquer exactement la même politique de maintenance partout ?

Certains principes peuvent être communs : règles de traçabilité, structure des données, gestion des interventions, modalités de suivi, indicateurs ou procédures partagées pour certaines familles d’équipements.

Mais les réalités locales restent différentes. Un équipement peut être présent en grande quantité sur un site et beaucoup plus rarement sur un autre. Les compétences techniques disponibles peuvent varier. Les contrats de maintenance ne sont pas toujours identiques. Les organisations des services et les contraintes d’exploitation peuvent également différer.

L’harmonisation consiste donc davantage à définir un cadre commun qu’à imposer une organisation strictement identique à tous les établissements.

Cette distinction est importante dans les GHT. Le ministère rappelle lui-même que les établissements peuvent construire des mutualisations adaptées à leur territoire et que certaines activités peuvent conserver une organisation locale tout en s’inscrivant dans une logique commune.

3. Harmoniser progressivement les politiques de maintenance

Pour une même famille de dispositifs, les équipes peuvent comparer leurs méthodes : quelles opérations sont réalisées ? À quelle fréquence ? Par qui ? Quels contrôles sont effectués ? La maintenance préventive est-elle assurée en interne, par le constructeur ou par un prestataire ?

Le premier intérêt de cette comparaison est de rendre visibles les différences de pratiques, puis de déterminer celles qui peuvent réellement être rapprochées.

Retour terrain : une politique commune construite étape par étape

Le retour d’expérience des Hôpitaux de Chartres illustre concrètement cette démarche progressive. Établissement support du GHT 28, le centre hospitalier doit organiser la maintenance de 56 bâtiments répartis sur trois sites.

Avant le déploiement de la GMAO, les équipes ont engagé plusieurs chantiers structurants : création d’une nomenclature commune, inventaire des équipements et des localisations, reprise des données et réorganisation des gammes de maintenance. Ce travail a notamment permis de rationaliser la bibliothèque de maintenance préventive, passée de près de 1 000 gammes à 170.

Bien que ce retour d’expérience concerne principalement la maintenance technique hospitalière, il met en évidence un principe également applicable au biomédical : l’harmonisation commence par un référentiel fiable et des règles partagées.

La convergence n’a donc pas besoin de porter immédiatement sur l’ensemble du parc. Une famille d’équipements commune à plusieurs établissements peut constituer un premier périmètre de travail avant d’étendre progressivement la démarche.

4. Donner aux équipes une vision locale… et une vision multisite

Le responsable biomédical ou l’équipe de coordination peut avoir besoin d’une vision consolidée pour comparer les établissements, identifier des tendances ou répartir les ressources.

Une organisation multisite efficace doit donc permettre de naviguer entre plusieurs niveaux :

Niveau

Informations utiles

Équipement

Historique, interventions, documents, état

Service / site

Parc, interventions en cours, maintenance préventive

Établissement

Activité, disponibilité, coûts, indicateurs

GHT / organisation multisite

Consolidation du parc, comparaison des sites, tendances et pilotage

Cette capacité à partager l’information entre établissements rejoint plus largement la logique de convergence portée par les GHT. Dans le domaine des systèmes d’information, le ministère présente notamment l’accès partagé aux informations et l’utilisation d’outils homogènes comme des leviers de mutualisation des activités.

CTA - Vous recherchez une GMAO

5. Définir des indicateurs réellement comparables

Un tableau de bord multisite n’a de valeur que si les données qu’il compare reposent sur des définitions communes.

Prenons un indicateur apparemment simple : le nombre de pannes.

Un établissement enregistre-t-il une panne à chaque demande d’intervention ? Un autre uniquement lorsqu’une défaillance technique est confirmée ? Les deux chiffres deviennent alors difficilement comparables.

Avant de multiplier les KPI, mieux vaut donc définir précisément ce que chacun mesure.

Définir des indicateurs réellement comparables

Quelques indicateurs de maintenance peuvent ensuite être suivis à plusieurs niveaux : respect du préventif, volume d’interventions, délais de prise en charge, immobilisations, récurrence des pannes, coûts ou disponibilité des équipements.

Pourquoi une même famille d’équipements génère-t-elle davantage d’interventions sur un site ? Pourquoi les temps d’immobilisation diffèrent-ils ? Une pratique locale donne-t-elle de meilleurs résultats et pourrait-elle être partagée ?

Le tableau de bord devient ainsi un outil de dialogue entre équipes.

6. Mutualiser là où cela apporte réellement de la valeur

Une fois les données et les pratiques rendues comparables, certaines mutualisations deviennent plus faciles à étudier.

La consolidation du parc peut, par exemple, faire apparaître plusieurs établissements utilisant les mêmes familles ou modèles d’équipements. Cette visibilité peut alimenter la réflexion sur les contrats de maintenance, les prestations externes, les compétences disponibles ou encore certains achats.

La mutualisation des achats est déjà une fonction structurée à l’échelle des GHT.

Le ministère souligne notamment que cette organisation doit permettre un travail partenarial entre établissements et une convergence des marchés. La circulaire de juillet 2026 va plus largement dans le sens d’un renforcement des mutualisations au sein des GHT et invite notamment à rechercher une meilleure allocation des ressources disponibles.

Pour la maintenance biomédicale, l’enjeu reste cependant de mutualiser ce qui gagne à l’être, sans éloigner les compétences et les moyens des besoins opérationnels des services.

7. Une GMAO multisite pour partager un même référentiel

Lorsque chaque établissement conserve ses propres fichiers, nomenclatures ou outils, obtenir une vision consolidée du parc devient rapidement complexe.

Une GMAO adaptée aux établissements de santé et à une organisation multisite peut constituer le socle commun permettant de partager un référentiel d’équipements, des règles de gestion et des indicateurs, tout en conservant des droits, des vues et des organisations adaptées à chaque établissement.

Elle peut notamment faciliter le suivi du parc par site, la centralisation des historiques, la planification des opérations de maintenance ou encore la consolidation des données nécessaires au pilotage.

Mais installer un outil commun ne suffit pas à harmoniser les pratiques.

Le travail sur les nomenclatures, les procédures, la qualité des données et les responsabilités doit accompagner le projet. Dans le cas contraire, le risque est simplement de réunir dans un même système des pratiques qui restent différentes.

Pour les établissements de santé, GHT et organisations multisites qui souhaitent structurer le suivi de leurs équipements et de leur maintenance, DimoMaint propose des logiciels GMAO adaptés aux besoins des établissements de santé et des équipes biomédicales.

 

La réussite d’une démarche multisite se mesure à la capacité des équipes à partager un même langage, accéder à des données fiables, appliquer un socle commun et identifier clairement les situations qui nécessitent une adaptation locale.

Pour un GHT, la démarche peut donc avancer progressivement : commencer par fiabiliser le référentiel des équipements, comparer les pratiques sur quelques familles de dispositifs, définir des indicateurs communs, puis étendre ce qui fonctionne.

L’objectif n’est pas de faire travailler tous les établissements exactement de la même manière, mais de leur permettre de mieux travailler ensemble.

BAN - Logiciel GMAO

Partager cet article
Découvrez également

Vous avez un projet, des questions ?

Écrivez-nous et restons en contact

Retour en haut